Politique

RDC-Kabila se démarque de Mobutu : « Comprenez ma passion pour le Congo »

En disant « comprenez ma passion pour le Congo », le Raïs Joseph Kabila (fin mandat depuis décembre 2016),  s’est démarqué jeudi 19 juillet 2018 du Roi du Zaïre Mobutu Sese Seko (alors fin mandat) qui s’étant fondu en larmes en s’exclamant « comprenez mon émotion » en prenant congé de la présidence du Mouvement populaire de la révolution (MPR-Parti Etat), le 24 avril 1990 à la cité de la N’Sele, au terme de trois mois de consultations populaires (fin 1989-début 1990) à travers le Zaïre.

 

« Je sais pourquoi il y a cette tension dans la salle. Vous vous attendez que je dise +comprenez mon émotion+ comme il y a 28 ans. Moi, je dis +Comprenez ma passion pour le Congo+ », a-t-il déclaré en liminaire  de son discours sur l’Etat de la nation devant les deux Chambres du parlement de la RD Congo réunis en Congrès au Palais du peuple à  Kinshasa.

 

En 1990, «seul devant ma conscience, je décide de tenter l’expérience du pluralisme politique dans notre pays [au Zaïre], avec à la base le principe de la liberté pour chaque citoyen d’adhérer à la formation politique de son choix. Que devient le chef dans tout cela ? Je vous annonce que je prends ce jour congé du Mouvement populaire de la révolution, pour lui permettre de se choisir un nouveau chef devant conduire », avait déclarait Mobutu qui s’était présenté vêtu d’un uniforme noir de maréchal devant un parterre de ministres, magistrats, généraux et parlementaires.

 

Silence de quelques secondes du Léopard, suivi d’un regard presque suppliant en direction de l’assistance, et qui s’achève par trois petits mots devenus célèbres : « Comprenez mon émotion ».

Dans les années1990, ne pouvait être Chef de l’Etat zaïrois que le président du MPR. Par cette prise de « congé du MPR », le maréchal Mobutu – il s’en est rendu compte quelques heures plus tard à la suite des remarques lui faites – devait quitter constitutionnellement le pouvoir…

 

Face à un Maréchal aux yeux soudain embués de larmes, rehaussant ses lunettes pour sécher quelques gouttes lacrymales, la salle applaudit à tout rompre, avant d’entonner avec enthousiasme : « Nous avons confiance en notre guide. Qui est notre guide ? Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga ! Libérateur ! Pacificateur !  Unificateur ! ».

 

Un lien commun : contre les ingérences extérieures

 

Cependant, Joseph Kabila Kabange et le maréchal Mobutu ont un lien commun : leur aversion envers les ingérences étrangères dans les affaires intérieures du pays.

 

« Aujourd’hui, notre modèle démocratique a fait ses preuves. Et tous ceux qui tentaient de s’improviser en donneur des leçons, l’ont bien compris. Le Congo n’ayant jamais donné des leçons à personne, il n’est pas disposé à en recevoir dans ce domaine, surtout pas de la part de ceux qui ont assassiné la démocratie dans ce pays et ailleurs sur le continent », a déclaré jeudi Joseph Kabila.

 

Il s’est senti le devoir de « rappeler, à ce sujet, que ce ne sont ni des accusations gratuites et infondées ni des pressions ou menaces inconsidérées, et encore moins des sanctions arbitraires et injustes qui nous détourneront de la voie que nous nous sommes pourtant tracée nous-mêmes, volontairement et librement ».

 

« Le cap des troisièmes consultations électorales, fixées en décembre prochain, reste donc maintenu. Notre engagement à respecter la Constitution demeure lui aussi non équivoque. Il s’agit pour nous, d’abord, d’honorer le sens de notre lutte ; ce pourquoi nous nous sommes tant sacrifiés avec tant d’autres compagnons tombés sur le champ d’honneur, et à savoir redonner la parole longtemps confisquée à notre peuple et libérer ses énergies en vue de rebâtir un pays souverain et indépendant », a-t-il martelé.

 

A la suite des «massacres » survenus à la mi-1990 à l’Université de Lubumbashi (opération Lititi Mboka) dans la province du Shaba (Katanga) ayant provoqué mort d’étudiants, la réaction zaïroise à la position adoptée par la avait été vigoureuse.

 

Les autorités zaïroises considèrent comme «inamicale» l’attitude du gouvernement belge, qui a, disent-elles, donné aux «incidents» de Lubumbashi une coloration et une interprétation à la limite de la «provocation».

 

« Le Zaïre reproche aux Belges leur ingérence dans les affaires intérieures du pays, la précipitation avec laquelle des sanctions ont été arrêtées, sans que des mécanismes d’arbitrage aient pu jouer », avait expliqué Kinshasa.

 

Selon la presse belge, « la Belgique ayant décidé de postposer, puis d’annuler la réunion de la commission mixte belgo-zaïroise chargée de mettre en oeuvre les nouveaux accords de coopération, le Zaïre a décidé de renoncer une fois pour toutes à de telles rencontres. De même, il a décidé de renoncer aux remises de dette consenties par la Belgique et envisagera à nouveau un remboursement intégral au sein des clubs de Paris et de Londres ».

 

De manière spectaculaire, tout en se déclarant satisfait du travail accompli par les coopérants belges, le gouvernement zaïrois a décidé de mettre un terme à leur présence: coopérants et volontaires, soit 700 personnes au total, devront donc quitter le pays.

 

Quant à la Sabena, elle se voit à nouveau ramener au rang de toutes les compagnies desservant Kinshasa: deux fréquences par semaine, au lieu de cinq.

 

Angelo Mobateli

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