RDC-Présidentielle 2018 – F. Matungulu : « Le candidat commun de l’Opposition ne peut pas être battu par celui de la MP

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Le professeur Freddy Matungulu Ilankir, président national du parti Congo Na Biso (CNB/Opposition), est convaincu que « le candidat commun de l’Opposition ne peut pas être battu par celui de la Majorité présidenrielle à l’élélection présidentielle du 23 décembre 2018 ».
« C’est important de trouver un candidat commun de l’opposition. Avec la Charte de l’unité de l’opposition, si nous avons des élections transparentes et un candidat commun, il est impossible pour le candidat de la Majorité de gagner », soutient-il dans un entretien samedi 9 juin 2018 à Paris avec le journaliste Kerwin Moyizo.
Dans son entendement, « cette candidature commune conduira à une majorité parlementaire qui permettra de bien gérer le pays ».
« Le mandat d’un Président de la Répubique est de cinq ans. Minaku (président de l’Assemblée nationale) et Kengo (président du Sénat) le savent. C’est écrit dans la Constitution de 2006. Il faut un grand oral tous les cinq ans, pour rendre compte au peuple congolais », insiste-t-il.
Et, d’interroger : « Faut-il que la communauté internationale vienne rappeler aux Congolais leur propre Constitution ?».
Et si le consensus de tous les présidentiables de l’opposition se fait autour de sa candidature, Freddy Matungulu promet de promouvoir « la notion de responsabilité et de redevabilité » et de « mettre fin au slogan +Chance eloko pamba+ », qui priviligie la chance par rapport aux études.
« BESOIN D’UN LEADERSHIP D’EXPERTISE »
« Aujourd’hui, la République démocratique du Congo est confrontée au manque d’un leadership d’expertise, de compétence, d’éthique et d’expérience professionnelle », déplore Matungulu qui avait ramené l’inflation en RDC de 500% à moins de 10% durant les deux années de sa gestion (2001-2003).
« Il nous faut un Président sérieux pour que le Congo soit pris au sérieux à l’étranger. C’est le seul moyen d’attirer des investisseurs. Personnellement, je suis parfaitement capable de trancher dans des dossiers et de faire des choix. Comme Président, il faut aussi savoir inspirer son entourage. En plus, il faut un programme économique. Les dirigeants du pays doivent respecter l’éthique et la justice doit bien fonctionner. Il faut aussi respecter la chose publique ».
Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget dans le tout premier gouvernement du président Joseph Kabila, entre 2001 et 2003, le professeur Freddy Matungulu est une référence dans l’envol économique de la RDC. C’est avec lui que la RDC a renoué en 2001 avec les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale).
Pour lui, « ce fut une période très exaltante ».
« Pour moi, être ministre c’était un grand privilège qui me permettait de servir mon pays. La population était très sceptique quand le nouveau gouvernement a démarré. Néanmoins, nous avons pu réaliser certaines choses. On a élaboré tout un programme de réformes pour stabiliser le climat macro-économique et rétablir la valeur de la monnaie nationale. Nous avons réussi à ramener l’inflation de plus de 500% à moins de 10% au moment où j’ai quitté mes fonctions. En plus, nous avons réussi à réaliser une croissance économique annuelle de quelques pourcents. Le gouvernement de l’époque n’avait pas de Premier ministre, mais avec mon portefeuille je faisais bien partie des personnes-clé de l’équipe », rappelle-t-il.
« Au début, il y avait du progrès mais à un certain moment j’avais constaté qu’on était en perte de vitesse. Je ne voulais pas cautionner cela et j’ai décidé d’en parler au président Joseph Kabila. Lors de notre entretien j’ai expliqué qu’on avait bien démarré mais qu’il fallait nous ressaisir. J’avais l’espoir que le chef de l’Etat allait me donner raison, mais ce fut point le cas. Dans une fonction ministérielle comme la mienne il fallait avoir le soutien total du chef de l’état. Cela ne m’intéressait pas de m’accrocher à mon poste pour le luxe que cela amène. Lors de mon départ j’ai éprouvé une combinaison de satisfaction et de regrets », souligne Freddy Matungulu
Après s’être retiré de la vie politique – à la suite de sa démission du gouvernement en 2003 – Freddy Matungulu s’était retranché au FMI. Retraité du Fonds en 2014, il a retrouvé sa liberté d’expression et nourrit désormais des ambitions présidentielles.
A la tête du parti politique, Congo na Biso (CNB), le professeur Freddy Matungulu a un projet pour la RDC. Il tient « beaucoup à une meilleure gouvernance du pays et au respect de certaines normes éthiques ».
Sa profession de foi :
« Je crois à la solidarité, à l’entraide entre les filles et fils de mon pays, la République Démocratique du Congo. Je crois au respect des lois de la République. Je crois au devoir d’intégrité de ses dirigeants. Ces valeurs, j’aspire à les incarner humblement à la tête de notre pays si mes compatriotes me font l’honneur de me porter à la Magistrature Suprême lors de l’élection présidentielle fr fécembre 2018. Je crois en la fin de la marginalisation politique du peuple congolais. Je lui ferai retrouver sa place souveraine à la table des grandes décisions qui affectent le destin et l’avenir de la nation. Sous mon mandat, le peuple congolais retrouvera son droit de sanctionner les dirigeants. Il redeviendra le Patron et les dirigeants ses dignes Serviteurs. Je désire un pays où personne ne sera au-dessus de la Loi ».
Comme il l’avait fait en tant que ministre de l’Economie, des Finances et du Budget (de février 2001 à avril 2003), Matungulu dit vouloir « relancer le combat contre la corruption et les abus de pouvoir, sans faire la chasse aux sorcières », d’employer « à faire de la République démocratique du Congo un Etat de droit respectable ».
« Cette respectabilité retrouvée du pays favorisera le retour des investisseurs, y compris des compatriotes de la Diaspora, et la création d’emplois nouveaux, générateurs et porteurs de revenus stables pour nos populations, dans tous les grands secteurs de l’économie. Dans un tel environnement, la croissance, sous-tendue par une solide stabilité macroéconomique, deviendra inclusive, partagée, et bénéficieraà la majorité de la population congolaise », conclut-il.

Angelo Mobateli)

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