RDC-CIRGL : examen de dix années d’une « évolution en dents de scie »

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Les coordonnateurs des Mécanismes nationaux de coordination de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs sont réunis à Kinshasa (RD Congo), du 01 au 03 juin 2018, pour examiner le bilan des dix (10) premières années de la CIRGL « en dents de scie ».
« Comme toute œuvre humaine, le bilan de la première décennie de la CIRGL a été marqué par de hauts et de bas qui ont en quelque sorte rendu difficile son action. Cette évolution en dents de scie mérite d’être examinée froidement », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères de la RDC, Agge Aje Matembo, dans son discours d’ouverture.
Et quoique « des efforts considérables déployés dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs (aient été) salués chaleureusement par l’ensemble de la communauté internationale et certaines œuvres utiles (soient) réalisées », le représentant du chef de la diplomatie rd-congolaise pense qu’« il importe de mettre en exergue la régularité et la multiplicité des sommets des chefs d’Etat de la CIRGL.
« Ces sommets ont montré à la face du monde leur ferme volonté de trouver des réponses appropriées aux différends auxquels tous les pays du champ de la CIRGL sont confrontés. Plus qu’avant, cette vaste et riche région des Grands Lacs prend de l’importance stratégique et se présente comme l’épine dorsale du développement de l’Afrique toute entière », a-t-il souligné.
« Recherche éhontée d’un leadership régional mal inspiré »
A en croire l’homme d’Etat rd-congolais, « il a été constaté avec regret que le manque de volonté politique de certains Etats membres de la CIRGL, le non-respect des engagements pris, les violations à répétition du Pacte de Nairobi qui régit la CIRGL et l’absence d’un barème de sanctions qui empêche d’imposer une discipline aux Etats membres fragilisent constamment cette importante organisation sous-régionale de l’Afrique », a déploré M. Agge Aje Matembo.
Il a aussi stigmatisé « les insuffisances financières de beaucoup d’Etats, les irrégularités dans le versement des cotisations, les clivages sociopolitiques entre les Etats et la recherche éhontée d’un leadership régional mal inspiré (qui) constituent des obstacles majeurs pour la réalisation des objectifs que la CIRGL s’est assignés ».
Pourtant, « devant toutes ces réelles difficultés, la CIRGL reste le cadre par excellence de concertation et d’échange pour la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs », a-t-il conclu.
« Soutien indéfectible du président Sassou au peuple congolais »
En cette période durant laquelle « la République démocratique du Congo se prépare à organiser, à compter du 23 décembre 2018, des élections plurielles destinées à doter le pays de nouveaux dirigeants et à créer des conditions de paix, de sécurité et de stabilité », l’ambassadeur itinérant du Congo-Brazzaville a « réaffirmé au peuple frère congolais le soutien indéfectible du président Denis Sassou N’Guesso, président en exercice de la CIRGL et du Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération et la coopération pour la RDC ».
« C’est le lieu de se féliciter des avancées enregistrées jusqu’ici. Notre souhait ardent est rien ne vienne entraver un processus que la gouvernement de la République démocratique du Congo mène avec beaucoup de détermination », a affirmé Raphaël Mb Zachary Muburi-Muita, secrétaire exécutif de la CIRGL a retracé les objectifs et les diverses actions menées durant la décennie sous évaluation.
Dans son discours de bienvenue, le coordonnateur national de la RDC, l’ambassadeur Aimé Kakese Vinalu, a indiqué que « les travaux de Kinshasa sont une balise pour un nouvel élan pour la CIRGL ».

Le Pacte sur la Paix, la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs

La Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL) est une organisation inter-gouvernementale comprenant les pays de la région des Grands Lacs d’Afrique. L’organisation a été établie dans le but de promouvoir la paix, la sécurité et le développement au niveau régional, partant du constat que l’instabilité et les conflits de la région de l’Afrique des Grands Lacs incluent une dimension au-delà des frontières nationales et un impact dévastateur sur plusieurs pays de cette région.

Les membres fondateurs de la CIRGL sont l’Angola, le Burundi, la République Centrafricaine, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda,le Soudan, la Tanzanie et la Zambie. En 2012, la République du Sud Soudan a rejoint l’organisation composée à ce jour de douze États membres.
Le Pacte sur la Paix, la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs
En décembre 2006, les États membres de la CIRGL ont adopté à Nairobi le Pacte sur la Paix, la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs. Les États signataires du pacte sont l’Angola, le Burundi, la République Centrafricaine, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan, République du Sud Soudan, la Tanzanie et la Zambie.
Le Pacte a pour objectif de créer les conditions de paix et de stabilité favorables au développement de la région. Il sert de cadre législatif à la CIRGL et fournit les éléments essentiels de l’agenda de l’organisation.
Le Pacte comprend dix protocoles d’accords qui sont juridiquement contraignants pour les pays signataires du traité. Les protocoles sont les suivants:
-Protocole sur la non-agression et la défense mutuelle dans la Région des Grands Lacs
-Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance
-Protocole sur la coopération judiciaire
-Protocole sur la prévention et la répression du crime de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité et de toute forme de discrimination
-Protocole sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles (IRRN)
-Protocole sur la zone spécifique de reconstruction et de développement
-Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle à l’égard des femmes et des enfants
-Protocole sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées
-Protocole sur les droits à la propriété des rapatriés
-Protocole sur la gestion de l’information et de la communication
Angelo Mobateli

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