Société

Comment régler définitivement le litige entre le Parc des Virunga et la popoulation riveraine? Voici la recette Muhindo Nzangi

Je rends un hommage mérité à l’héroïne RACHELLE KATUMWA, fille de Maman CELINA de Kyavinyonge, tuée dans l’exercice de ses fonctions de garde parc. Elle et les autres 7 gardes presque tous originaires du même coin, tués en territoire Rutshuru depuis janvier 2018, méritent notre reconnaissance. Je présente donc mes condoléances à la famille Virunga et à leurs familles biologiques.

Le PNVI (Parc national des Virunga) est devenu un sanctuaire de la mort, un abri idéal pour les centaines des groupes armés qui y opèrent paisiblement semant mort, raquette, kidnapping, viol et massacres contre la population riveraine et les gardes parc. Nous y reviendrons dans un autre document.
La gestion actuelle du Parc est en inadéquation avec les réalités de terrain. Depuis la création du PNA(Parc National Albert) en 1925 devenu PNVI et les expropriations foncières brutales que NZABANDORA NDI MUBANZI considère comme la forme douloureuse de la colonisation du Nord Kivu, le Système colonialiste de conservation policière est toujours en vogue au PNVI ; les gardes parc sont utilisés pour maltraiter les riverains par des pratiques dégradantes qui privent la parc de la solidarité des populations locales.

Une forte délégation composée de 9 ministres et vice-ministres, de 7 députés nationaux, de l’ADG de l’ICCN plus son staff et du Gouverneur de province du Nord-Kivu a séjourné à KASINDI officiellement pour délimiter le PNVI dans ses parties conflictuelles avec la population. Malheureusement la délégation n’a fait que 17 minutes sur place. Déception de la population.

Ce qui m’intéresse c’est de savoir que la Présidence de la République a enfin décidé de mettre fin à ce conflit. Et moi, expert et Vrai Connaisseur du dossier je rappelle et propose ce qui suit :
1. Les limites usuelles actuelles du PNVI ne correspondent pas dans la plupart des cas aux limites légales. La mission non achevée de repérage et de matérialisation des limites légales par WWF n’avait tenu compte que de la version de l’ICCN, imposée à la population, ce qui a sans aucun doute biaisé son résultat. Ainsi le débat sur les vraies limites du parc est devenu passionnel et trop subjectif étant donné que les repères et les noms des limites d’en temps se traduisent selon les intérêts de chacun. Dans ce dossier les mensonges et histoires chimériques sont légions dans un camp comme dans un autre. Dans ce PNVI sans zones tampons, les limites directes contestées et l’accès aux ressources sont des causes directes de disputes sanglantes entre Gardes et population.

2. C’est ainsi que pour mettre fin à cette cacophonie devenue insurmontable, la nouvelle loi No 14/003 du 11 février 2014 sur la conservation de la nature à son article 33 alinéa 3, apporte un règlement définitif à cette question. Elle stipule : << un décret délibéré en conseil des ministres actualise les limites des aires protégées existantes et en détermine les zones tampons>>. Cet alinéa proposé par moi-même à l’Assemblée Nationale et adopté par le parlement s’appuie sur deux concepts : a) Actualiser signifie mettre à jour (update en anglais) c’est-à-dire actualiser les limites du parc est la prise en compte des réalités actuelles (zones en conflit, démographie, couloirs sécuritaires, terres non essentielles à la conservation moderne, accès aux ressources, facilités de déplacement des populations…) afin de rendre les limites virtuelles en limites réelles. b) Déterminer les zones tampons c’est opérer le zonage défini aux alinéas premier et deuxième du même article 33 afin d’empêcher que les champs des paisibles citoyens ne soient en contact directe avec le Parc.

3. c’est pourquoi une commission technique doit être mise en place par le ministre de l’environnement pour le repérage technique sur terrain avec les coutumiers, des nouvelles limites actualisées du PNVI. Elle devra rendre son rapport au Premier Ministre qui est habilité à signer un décret portant délimitation du PNVI. Pour alléger le travail la commission de terrain doit tenir compte des réalités suivantes :

– En territoire de Beni : la ville de Kasindi Lubirihya (le mont VUKUKA : de Vimbao, limite directe avec le Parc Queen Elisabeth à KAMBO) ; Mayangose est en dehors des limites du parc (En suivant les limites légales toute la partie nord-est de la ville de Beni, de l’Ancien sentier de Boga entre Oicha et Mbau à Vieux Beni), les collines et vallées bordant le parc dans la chefferie des bashu Territoire de Beni de Mwalika à Tumbwe en passant par les villages de Buino , Karuruma, Kasaka, Museya, luseke, Vikingi et Mulango wa Nyama ;

– En territoire de Lubero, la côte ouest du lac Édouard terres non cédées par les coutumiers, qui comprend les gros villages de pêche de Kisaka, Muramba, Musenda, Katundo, Lunyasenge, Talihya, Kamandi, Kiserera, etc ;

– En territoire de Rutshuru, les escarpements Kabasha dans le groupement Kanyabayonga jusqu’aux alentours de l’agglomération de Kibirizi ; le domaine de chasse de Ruthsuru dans la chefferie de Bwisha (un arrêté du ministre de l’environnement suffit pour le déclasser) ;

– En territoire de Nyiragongo les voies du volcan ;
– En territoire de Masisi, les camps et fermes des déplacés Tutsi de Kirolirwe;

– En ville de Goma, les terres enclavées de Njulo.
– Le statut des enclaves de Kyavinyonge, de Vithsumbi et de Nyakakoma (ils ne font pas partie du parc mais les relations de coexistence avec l’ICCN sont tumultueuses).

– Le Statut du Lac Edouard qui à mon avis doit quitter le domaine du Parc pour éviter les interférences de l’ICCN dans les domaines du transport maritime, de pêche, les cas échéants l’exploration et la production du pétrole, du gaz, de l’hydrogène et du souffre.

Nous sommes disposés à contribuer significativement à la résolution de ce problème pour protéger durablement et efficacement le Parc National des Virunga et sceller une fois pour toute l’union et l’harmonie entre les populations riveraines et leur Parc.

Honorable MUHINDO NZANGI BUTONDO
Auteur de << système de gestion du Parc National des Virunga : Enjeux pour la population riveraine>> et de <<l’exploitation du Lac Edouard et son Impact sur la situation économique des armateurs>>.
Auteur de la proposition d’édit portant << organisation de la pêche sur le Lac Edouard et la rivière SEMULIKI>>.

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