Politique

RDC-Elections 2018 : Freddy Matungulu rejette la machine à voter

Le Président de la CENI, Corneille Nangaa, devait s’entretenir le jeudi 8 mars 2018 avec le Président de Congo Na Biso (CNB), le Professeur Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir.

Les échanges au siège de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) devaient être axés sur l’évolution du processus électoral et l’opportunité de l’utilisation de la machine à voter aux élections de décembre 2018. En l’absence du Président de la CENI, empêché au dernier moment, la rencontre a été reportée.

En attendant la tenue de ces discussions à une nouvelle date à convenir, Congo Na Biso exprime son rejet de l’utilisation proposée de la machine à voter. Trois grandes raisons justifient cette prise de position : (i) le caractère illégal de l’usage de la machine ; (ii) des doutes sur la robustesse et l’intégrité physique de la machine; (iii) le manque de confiance de la population vis-à-vis de la CENI et de son équipe dirigeante.

L’utilisation de la machine à voter est incompatible avec les dispositions pertinentes de la nouvelle Loi électorale. En effet, cette loi décrète plutôt l’usage du scrutin à bulletin-papier ainsi qu’il est clairement stipulé en son article 56 qui dit : « Quarante-huit heures avant le début des opérations de vote, la Commission électorale nationale indépendante met à la disposition de chaque bureau de vote ou centre de vote des bulletins de vote compatibles au nombre d’électeurs enrôlés et attendus».

La loi ordonne également : « Avant le début des opérations de vote, les membres du bureau procèdent devant les témoins et les observateurs au comptage des bulletins de vote reçus. Ils vérifient si le matériel est complet… ».

Opération hors-la loi

Au regard de ces dispositions de la nouvelle loi électorale n°17/013 du 24 décembre 2017, l’utilisation de la machine à voter serait clairement une opération hors-la loi. Si elle s’obstine à imposer ce gadget, la CENI foulerait aux pieds et l’esprit et la lettre de présente la Loi électorale. Notre centrale électorale qui ignore superbement la Constitution de la République depuis 2016 sur la question des élections n’en serait, bien évidemment, pas à son premier forfait en la matière. Ce que le peuple congolais ne peut accepter.

La machine à voter est susceptible de pannes, son usage ferait peser des risques de grandes perturbations au scrutin. En effet, la robustesse et l’intégrité physiques de la machine ne sont pas garanties. Compte tenu de l’ampleur des opérations de vote pour plus de 45 millions d’électeurs, ces machines étant mises à rude épreuve, tomberont certainement en panne. Il s’en suivrait l’interruption des opérations de vote. Comment gérer de telles défaillances fatales le jour même du scrutin?

Appliquer la loi du législateur

C’est certainement pour éviter de telles surprises et déconvenues de dernière minute que le législateur a préféré, au regard des conditions techniques et technologiques propres à notre pays, le bulletin-papier aux écrans tactiles que la CENI veut vendre à la nation médusée pour des desseins apparemment inavoués.

La loi, c’est la loi. Le choix du législateur doit être appliqué. Il ne peut être remis en cause et contourné par la centrale électorale. Congo Na Biso invite la population congolaise à rester vigilante sur cette très importante question.

L’usage de la machine à voter par la CENI et sa direction actuelle compliquerait la réalisation de l’indispensable consensus populaire sur les résultats du vote. La machine à voter peut être manipulée, programmée pour produire des résultats prédéterminés contraires au choix des électeurs. Il s’agit là d’une réalité internationalement reconnue. En fait, cette machine ne peut être utilisée de façon apaisée que dans un contexte de confiance méritée de la population vis-à-vis de l’institution organisatrice des élections. Ce qui est loin d’être le cas pour la CENI.

Face à une éventualité théorique bien réelle de fraudes électroniques généralisées, rien ne peut justifier le recours illégal à la machine à voter en RDC. D’autant plus qu’en matière de confiance dans notre pays, la CENI n’est pas la CENCO. Loin de là ! Il faut à tout prix éviter des contestations massives du résultat des scrutins à venir. Faute de quoi la légitimité du pouvoir ne pourra être rétablie, retardant pour longtemps le retour au travail productif. Nous ne pouvons-nous permettre de faire perpétuer d’aussi sombres perspectives politiques et économiques pour la RDC.

 

 

 

 

CN ?CR

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