RDC : la CENCO dénonce une campagne «d’intoxication et de désinformation» contre l’Eglise catholique

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La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) dénonce des attaques contre l’Eglise catholique et sa hiérarchie. Dans un communiqué publié jeudi 11 janvier 2018 à Kinshasa, les évêques regrettent que même des hautes autorités du pays se mêlent à cette campagne «d’intoxication et de désinformation.»

«Les évêques ont relevé le fait qu’on assiste à une campagne de désinformation, d’intoxication, voire de diffamation orchestrée, même par des responsables des institutions de la République contre l’Eglise catholique et sa hiérarchie, particulièrement le Cardinal», a fait savoir le secrétaire général de la CENCO, l’Abbé Shole.

Le Cardinal Laurent Monsengwo avait  condamné le 2 janvier la répression violente de la marche des chrétiens catholiques initiée par le Comité laïc de coordination (CLC) pour revendiquer « l’application réelle » de l’accord du 31 décembre 2016. Il avait conseillé aux « dirigeants médiocres » de dégager, pour que règnent la paix et la justice en RD Congo.

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende avait regretté que le Cardinal ait dans sa sortie médiatique «incité les congolais à la haine et la confrontation, en développant un discours belliqueux aux accents des combattants», tout en l’appelant à «pacifier les esprits».

«La CENCO dénonce également toute tentative de division de l’Épiscopat congolais orchestrée à des fins politiciennes. L’Épiscopat congolais ne peut se diviser ni être dédoublé comme des partis politiques», a affirmé l’Abbé Donatien Nshole.

Il a également demandé au peuple congolais «de ne pas se laisser influencer  par cette campagne dont les auteurs ignorent superbement sa souffrance.»

Les évêques disent que c’est inacceptable et ils désapprouvent cette «diabolisation», a condamné l’Abbé Shole, qui rappelle que l’Eglise a le droit de «continuer à s’occuper des fidèles.»

«Dans le caractère laïc de l’Etat congolais, [ce dernier] ne peut pas empêcher l’Eglise d’accomplir sa mission qui est entre autres de veiller au respect des droits de l’homme et de la dignité humaine qui sont indispensables pour leur bien-être», a rappelé le secrétaire général de la CENCO.

L’épiscopat catholique reçu par Sassou redoute « le pire »

Une délégation de l’épiscopat du Congo-Kinshasa a été reçue mardi 9 janvier 2018 par le président du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso par souci d’éviter « le pire » après des violences à Kinshasa qui ont tendu les relations entre les catholiques et le pouvoir.

Les évêques ont traversé les deux à trois kilomètres du fleuve Congo qui séparent Kinshasa et Brazzaville pour « rencontrer le président Denis Sassou Nguesso », « chargé du suivi du mécanisme paix et sécurité en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs », a déclaré à la presse leur porte-parole, l’abbé Donatien Nsholé.

« La marche du 31 décembre dernier à Kinshasa a été évoquée », a-t-il déclaré. « Si l’on n’y fait pas trop attention, si on prend à la légère la situation, on risque de vivre le pire ».

L’interdiction et la dispersion de cette marche des catholiques le 31 décembre à Kinshasa a fait « au moins cinq morts », selon l’ONU et la nonciature apostolique, aucun d’après le gouvernement de Kinshasa.

L’archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo, a dénoncé la « barbarie » des autorités et souhaité « que les médiocres dégagent ».

Très proche du président Sassou Nguesso, le cardinal Monsengwo n’était pas dans la délégation.

« Les élections (à la fin de l’année) sont tenables », a ajouté l’abbé Nsholé en référence aux élections présidentielle, législatives et provinciales prévues le 23 décembre 2018.

Ces élections doivent organiser la succession du président Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016 aux termes de la Constitution, qui permet au président de rester en place jusqu’à l’installation d’un successeur élu.

Les organisateurs de la marche du 31 décembre à Kinshasa voulaient que le président Kabila s’engage vraiment à quitter le pouvoir.

 

 

 

RO/AFP/CR

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