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La colère d’un universitaire envers ses pairs congolais

C’est à vous Mesdames, Messieurs les Universitaires et les Savants congolais que j’interpelle, car je ne peux plus me taire, ni me cacher au regard de la gravité de la crise politique qui trouble le pays !

Je ne représente rienà vos yeux, mais je tiens à vous dire ce que j’ai sur le cœur concernant le silence assourdissant que vous observez sur la crise politique que connait notre pays depuis la conférence nationale souveraine jusqu’à aujourd’hui. Cependant, votre silence, devenu complaisant, m’oblige à ne plus me taire et à vous interpeller sur votre responsabilité devant l’histoire au cas où le pays sombrerait définitivement dans le chaos et la violence incontrôlable à la suite d’un processus de transition sans lendemain.

En votre qualité d’intellectuels vous devriez être des penseurs qui interviennent dans le débat public pour prendre position, défendre vos valeur sou proposer des solutions aux problèmes de notre pays.

Depuis la conférence nationale souveraine, que j’ai prise comme référence d’un événement politique qui devait conduire définitivement notre pays vers le changement, vous jouez plus le rôle de commentateurs d’actualités que d’acteurs. Jamais vous n’avez osé utiliser votre arme redoutable, « la plume », pour écrire et agir à la fois pour façonner l’opinion et pour lui donner une autre orientation que celle des hommes politiques.

A chaque fois que le Congo a rendez-vous avec l’histoire, sur un problème donné, vous êtes absents et inaudibles. Aucune proposition de votre part pour dissuader les politiques, avares du pouvoir, de prendre des décisions qui font régresser notre pays. Ce faisant, je m’interroge sur votre rôle dans la vie politique congolaise. Savez-vous qu’un pays sans production intellectuelle est condamné à la disparition ? Comment justifiez-vous votre silence et votre retrait de tout débat politique à l’heure où  tous les espoirs reposent sur vous ?

Voilà autant de questions auxquelles je souhaite que vous répondiez objectivement, notamment vis-à-visdes congolais qui vivent dans le désespoir depuis tant d’années.

Pour corroborer ce que je viens de souligner, sachez que votre désintérêt à contribuer à la résolution des problèmes politiques et sociaux du Congo a été constaté récemment lors de la tenue de différents dialogues convoqués par le Président de la République pour désamorcer la crise pré-électorale  qu’il a, lui-même, créé en violation de la constitution.

Ces dialogues n’ont pas bénéficié d’un travail intellectuel en amont pour poser des vraies questions et proposer des solutions adaptées aux difficultés de l’événement afin d’aider les politiques à se dépasser et à agir au nom de l’intérêt général. En l’absence de toute contribution idéologique, le pouvoir travaille sans vision politique qui lui permettrait d’imposer le Congo comme un véritable leader en Afrique.

L’obscurantisme économique et l’idolâtrie sont les principales devises dont le pouvoir se sert pour vous détourner de vos objectifs et pour vous attirer vers lui afin de servir ses intérêts égoïstes.

En dépit de votre sagesse, vous n’avez pas su déjouer le piège qui vous est tendu tout au long de votre carrière. Vous vous accommodez facilement du débauchage devenu sport préféré des tenants du pouvoir pour vous faire valoir socialement. Comme vous êtes plutôt à la recherche d’une satisfaction personnelle, vous avez trahi votre idéal de connaissance.

Il faut donc que vous sortiez très vite de votre coquille afin que vous vous rendiez compte de la réalité dans laquelle vit le pays au-delà des apparences afin que vous abandonniez vos privilèges pour vous consacrez au travail de l’esprit qui permettra d’apporter la lumière au pays qui sombre dans les ténèbres.

Les intellectuels congolais que j’appelle abusivement savants et universitaires suivant leurs engagements dans la vie publique devraient être les lumières de la nation. En effet, chaque pays qui se veut éclairer et moderne s’appuie toujours sur ses élites.

Alors, où sont les nôtres en cette période de crise politique grave ? Pour tout dire, la distance que vous prenez avec la société est incompréhensible. De par votre organisation, vous êtes  les seuls à travailler de manière disparate sans véritable institution, digne de ce nom, vous permettant de vous rassembler et de réfléchir sur votre propre existence en tant que savant et sur le devenir de la république. Il faut regarder l’état des universités que vous dirigez pour se rendre compte de l’absence de rigueur scientifique dans votre travailet du manque d’audace pour la formation et pour le travail en équipe.

Pour le reste, je vous invite à vous ressaisir et à prendre la place qui est la vôtre, dans la société congolaise, au lieu de vivre dans le conformisme qui nuit considérablement au développement du pays ainsi qu’à l’avenir de vos propres enfants et petits-enfants. La position que vous pouvez prendre et les solutions que vous pouvez proposer pour sortir de la crise politique qui, non seulement ruine notre pays mais l’affaiblit sur le plan régional et mondial, permettra à la nation toute entière de se projeter avec assurance vers l’avenir.

Vous êtes la lumière de tout un peuple !

Brillez pour que nous puissions sortir de l’obscurantisme et vaincre l’ignorance sur laquelle les hommes politiques, sans une sagesse singulière, s’appuient constamment pour maintenir le pays dans le désordre.

 

David ONAKAYA MENGE

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