RDC : Félix Tshisekedi a rencontré Jean-Pierre Bemba à La Haye

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« Oui, la rencontre a bien eu lieu ce mardi » 7 novembre 2017, a simplement confié, de manière laconique, un membre de cabinet de Félix Tshisekedi, sollicité par CAS-INFO. Ce dernier n’en dira pas davantage.

« Il n’ya aucun détail jusque-là », insiste-t-il. L’UDPS annonce, dans le même temps, une réunion d’urgence, à Limete. L’occasion sans doute de répondre à la presse sur ce qui se trame dans les couloirs de la CPI.

Félix Tshisekedi a été signalé absent de Kinshasa au lendemain de la publication du calendrier électoral par la CENI. Dans la foulée, une rencontre a été annoncée entre le leader de l’UDPS et le président national du MLC, toujours incarcéré à la Cour pénale internationale.

L’ancien vice-président de la République a appelé récemment à la formation d’une grande coalition pour défendre la constitution et obtenir l’alternance au pouvoir. Un rassemblement qui s’annonce difficile tant les positions restent divergentes sur les sujets essentiels tels que la mise en place d’une transition « sans Joseph Kabila ».

Jean-Pierre Bemba : «Ma volonté est de retourner et de siéger en tant que sénateur, président de mon parti »

A quand le retour de Jean-Pierre Bemba au pays ? Le sénateur Jean Pierre Bemba veut revenir au pays dans un esprit positif. Le président du Mouvement de libération du Congo s’interroge sur l’état d’esprit de travail à son retour au pays. Il y a une année donc que le sénateur du MLC séjourne au Portugal. Le leader du Mouvement pour la libération du Congo avait quitté Kinshasa le 11 avril 2007, trois semaines après les affrontements sanglants entre sa garde et celle du président Joseph Kabila. Comment compte-t-il retourner ? Jean Pierre Bemba s’était entretenu avec radiookapi.net en avril 2008.

Radio Okapi : Honorable Jean-Pierre Bemba, bonjour

Jean-Pierre Bemba : Bonjour

R.O : Quand comptez-vous revenir en RDC ?

JPB : Vous savez dans quelles conditions j’ai dû quitter le pays. C’était d’abord pour des soins médicaux. Aujourd’hui ce problème n’existe plus. Le président du Sénat avait écrit le 11 novembre au premier ministre pour que la question regardant la sécurité de mon retour puisse être assurée et ce n’est que pratiquement six mois après que le premier ministre a répondu. Ce qui montre déjà que pour le gouvernement, le régime en place, mon retour n’était pas une priorité.

Donc, ce que je veux exprimer c’est bien sûr ma volonté de retourner et de siéger en tant que sénateur, président de mon parti, mais c’est d’abord aussi de voir dans quel état d’esprit nous allons retravailler dans ce pays. Est-ce que véritablement mon retour va correspondre aussi à une nouvelle vision politique au niveau du pouvoir en place ou alors est-ce qu’on va continuer dans ce qu’on appelle l’exclusion de l’espace réservée à l’Opposition ? Ce sont des questions qui se posent. Et puis bien sûr vous savez qu’à deux reprises j’étais attaqué dans mes résidences privées par des chars d’assaut, par des obus. Je n’en fais pas bien sûr un problème mais je veux tout simplement que cette question soit traitée sérieusement.

R.O : Alors honorable Jean-Pierre Bemba, quand vous parlez de garanties sécuritaires, c’est quoi qu’il vous faut concrètement ?

JPB : Je pense qu’il faut laisser aux spécialistes l’occasion de pouvoir traiter cette question. Le problème est l’état d’esprit dans lequel nous allons rentrer. J’espère que ce sera pour réconforter la réconciliation nationale et non pas pour exacerber les tensions politiques qui existent déjà dans le pays. C’est dans ce cadre là que je souhaiterais rentrer dans le pays.

R.O : Et vous-même vous en avez parlé directement avec le gouvernement ou c’est toujours par l’entremise du Sénat ?

JPB : Le Sénat est en train de faire des efforts qu’il faut pour essayer de trouver effectivement des solutions. Maintenant qu’après six mois le gouvernement s’est intéressé à répondre à la lettre du président du Sénat, j’attends que le Sénat puisse m’indiquer les modalités.

R.O : Alors dans la dernière lettre que le Sénat vous a écrite, qu’est-ce qu’il vous demande ?

JPB : Le Sénat m’a tenu informer dans la lettre qu’il a reçu la réponse du premier ministre et il m’a bien sûr expliqué que dans ces conditions je devais voir les moyens de pouvoir revenir. Je me prépare alors à écrire une lettre, une correspondance que le Sénat va recevoir très prochainement.

R O : Ne craignez-vous pas de perdre votre siège au Sénat des suites d’une absence prolongée à l’étranger ?

JPB :Non, je pense que la question de mon retour est une question qui est d’abord politique comme je l’ai expliqué. Je répète ma volonté de rentrer au pays, mais rentrer au pays dans un esprit positif et non pas pour crever des tensions politiques qu’il y a dans le pays. Je voudrais tout simplement que cette question soit traitée politiquement.

R.O : Vous avez parlé de l’état d’esprit dans lequel évolue le pays, cela fait une année que vous êtes en dehors, comment jugez-vous la marche du pays?

JPB : Ecoutez, je me pose des questions. A quoi ont servi les élections dans ce pays si après les accords de Lusaka, de Sun City, on revient encore à l’exclusion politique ? C’est une question que nous devons nous poser. Je pense que les élections et nous savons dans quelles circonstances elles se sont déroulées à tous les niveaux, devraient plutôt sceller la réconciliation nationale, la légitimité au niveau du pays.

Je crois que dans les circonstances actuelles, au niveau politique, il y a bien sûr un pouvoir qui gère le pays, mais il faut aussi savoir que dans une démocratie, il y a aussi une opposition qui doit exister. On ne peut pas parler d’un régime démocratique si vous n’avez pas d’opposition, si l’espace ou la parole réservés à l’opposition n’existent pas. Et ça c’est un problème. Je crois qu’aujourd’hui les problèmes d’ordre politique ont des conséquences au niveau de la paix sociale dans le pays.

Je constate quand même qu’au niveau de l’unité et de la sécurité du pays, d’énormes problèmes se posent tant à l’Est qu’à l’Ouest du pays. Le gouvernement n’est pas parvenu à assurer cette stabilité que nous attendions tous en République Démocratique du Congo. Je crois que le gouvernement ne répond malheureusement pas aux aspirations de la population, ne répond pas aux attentes de la population. Et ça je trouve que c’est dommage. Je crois que beaucoup d’efforts doivent être faits dans ce sens et je crois que la population devient très impatiente.

R.O : Peut-on dire que Monsieur Jean-Pierre Bemba n’est pas d’une opposition conflictuelle ?

JPB : Est-ce que vous avez laissé Monsieur Jean-Pierre Bemba comme vous le dites l’occasion d’exercer son rôle au niveau de l’Opposition ? Je pense que ce qui est arrivé au mois de mars montre que dès le début même du mandat la volonté qui était d’écarter le président du grand parti d’Opposition. Je crois qu’heureusement vous avez vu ce que j’avais déclaré au lendemain de la décision de la Cour suprême de justice pour éviter le chaos. J’avais dit que je m’inscrivais dans une opposition républicaine et forte. Malheureusement, on ne nous a pas laissé le temps de mettre en place cette Opposition.

R.O : Vous parlez du plus grand parti d’Opposition. Est-ce que personnellement vous allez postuler au poste de porte-parole de l’Opposition

JPB : Est-ce que vous pensez que ce n’est pas légitime ?

R.O : Pensez-vous que les autres partis, par exemple ceux qui ont été dans l’Opposition du temps de Mobutu, seront d’accord pour vous accompagner dans cette lutte ?

JPB : Je pense que c’est une question d’abord de respect de textes, de la constitution. Maintenant, je respecte tous les partis et tous ceux qui veulent se présenter bien sûr. Ce n’est pas une structure monocolore et l’Opposition- et je dirais que ce que la constitution prévoit c’est seulement au niveau institutionnel de pouvoir organiser l’Opposition et il qu’il y a un porte-parole. Bien sûr, l’Opposition est plurielle.

R.O : Avez-vous confiance en vos collaborateurs du MLC ?

JPB : Jusqu’à la preuve du contraire, oui.

R.O : M. Jean-Pierre Bemba je vous remercie.

JPB : Merci.

 

 

CAS-INFO/RO/CR

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