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RDC-Lubumbashi : libération des militants d’opposition arrêtés, F. Tshisekedi empêché de tenir un meeting

Les militants d’opposition arrêtés en marge de la visite de leur chef de file à Lubumbashi dans le sud-est de la République démocratique du Congo ont été libérés mercredi 25 octobre 2017, a-t-on appris de leur parti et de la police.

“Les militants arrêtés dimanche et lundi viennent d’être libérés ce matin par la police”, a déclaré à l’AFP Dany Kabongo, un responsable local de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti historique d’opposition.

“Nous avons libéré toutes les personnes arrêtées lors de la visite de M. Félix (Tshisekedi) à Lubumbashi”, a déclaré pour sa part le chef de la police du Haut-Katanga, le général Paulin Kyungu.

Mercredi, dans un communiqué conjoint, la délégation de l’Union européenne en RDC en accord avec les chefs des missions diplomatiques des États-Unis, de la Suisse et du Canada ont appelé à la “libération” des “nombreux membres de l’opposition” arrêtés à Lubumbashi. Les militants arrêtés étaient au nombre de 28 selon la police, une cinquantaine selon l’UDPS.

PRÉOCCUPATIONS AU SUJET DES INCIDENTS À LUBUMBASHI

« La Délégation de l’Union européenne publie la déclaration suivante en accord avec les Chefs de Mission européens à Kinshasa, des Etats Unis,  de la Suisse et du Canada

Nous sommes profondément préoccupés par les restrictions à la liberté de réunion imposées par le gouvernement de la RDC et les autorités locales. Nous regrettons particulièrement l’arrestation le 22 octobre de nombreux membres de l’opposition à Lubumbashi et appuyons l’appel de la MONUSCO à leur libération.

L’interdiction de réunions publiques, la perturbation d’activités politiques pacifiques et les arrestations arbitraires sont incompatibles avec les normes démocratiques, en particulier la liberté de réunion et d’expression, que garantit la Constitution congolaise.

Pour que des élections pacifiques et crédibles puissent se tenir en conformité avec l’Accord de la Saint Sylvestre, tous les dirigeants politiques et membres de la société civile doivent être libres de tenir des réunions publiques. Il est de la responsabilité des autorités de créer les conditions permettant de tenir ces réunions dans la paix et la sécurité. Les citoyens congolais doivent se sentir libres d’y participer sans crainte de violences, d’arrestations arbitraires ou de représailles.

Nous appelons donc le gouvernement et les forces de sécurité à veiller à ce que les activités pacifiques de la société civile ou de l’opposition puissent se dérouler sans perturbation. Les chefs des partis d’opposition ont également la responsabilité de s’assurer que leurs activités et leurs partisans respectent les normes démocratiques et l’état de droit ».

 

Félix Tshisekedi empêché de tenir un meeting

Le chef de l’opposition congolaise a accusé mardi 24 octobre 2017 la police d’avoir empêché la tenue d’un meeting à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, en tirant des gaz lacrymogènes et des coup de feu en l’air, mais la police a démenti ces tirs.

“La police nous a empêchés de quitter l’hôtel en barricadant la route. Nous avons décidé de nous rendre au lieu du meeting avec la population à pieds, ils ont dressé un cordon 500 mètres plus loin, tirant sur nous des gaz lacrymogènes et des coups de feu en l’air”, a déclaré à l’AFP Félix Tshisekedi, président du Rassemblement de l’opposition.

“On n’a pas tiré sur lui. C’est faux. Il est avec moi, comment est-ce que j’ai pu tirer (des gaz lacrymogènes) sur lui”, a réagi auprès de l’AFP le général Paulin Kyungu, commandant de la police du Haut-Katanga, qui était en discussion avec M. Tshisekedi dans son hôtel.

Plusieurs dizaines de policiers anti-émeutes étaient positionnés aux abords de l’hôtel où est logé M. Tshisekedi, a rapporté dans la soirée un correspondant de l’AFP.

Lundi, plusieurs dizaines de militants d’opposition ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes alors qu’ils se rendaient à l’aéroport pour accueillir M. Tshisekedi.

La RDC traverse une crise politique profonde liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a expiré le 20 décembre 2016.

La Constitution ne lui permet pas de se représenter mais l’autorise à rester en fonction jusqu’à l’élection de son successeur.

Félix Tshisekedi a dernièrement qualifié de déclaration de “guerre au peuple congolais” l’annonce du président de la Commission chargée d’organiser des élections en RDC, Corneille Nangaa, selon lequel il n’y aurait pas d’élection pour la succession de M. Kabila avant 2019.

Depuis quelques semaines M. Tshisekedi appelle à une “transition sans Kabila” après le 31 décembre 2017, si la présidentielle n’est pas organisée avant cette échéance comme le prévoyait l’accord de la Saint-Sylvestre conclu par la majorité et l’opposition.

 

AFP/CR

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