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RDC : l’UE condamne le massacre des réfugiés burundais à Kamanyola

La Délégation de l’Union européenne (DUE) condamne, dans une déclaration en accord avec les Chefs de mission des pays membres de l’Union européenne en République démocratique du Congo (RDC), le massacre d’une trentaine de réfugis burundais à Kamnyola, au Sud-Kivu.
« La Délégation et les Ambassades des Etats Membres de l’Union européenne s’associent aux Nations-Unies dans la condamnation des violences qui ont eu lieu le 15 septembre 2017 à Kamanyola et qui ont provoqué la mort de dizaines de demandeurs d’asile et réfugiés burundais et d’au moins un militaire congolais, ainsi que plus d’une centaine de blessés. Les forces de sécurité congolaises ne peuvent avoir recours à la force de façon disproportionnée, elles doivent respecter les standards internationaux », indique la déclaration.
Ensuite, « la Délégation et les Ambassades des Etats Membres de l’UE présentent leurs condoléances aux familles de victimes, ayant quittés leurs foyers à cause de la crise qui sévit dans leur pays. Une enquête doit être menée et les responsables poursuivis ».
34 réfugiés burundais tués
Le Burundi a demandé samedi 16 septembre 2017 des explications à son voisin congolais après la mort de 34 réfugiés burundais dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), victimes de tirs de militaires congolais, rapporte l’AFP.
Selon les autorités provinciales du Sud-Kivu, le bilan est de 34 morts et de 124 personnes blessées, après que les Forces armées de la RDC (FARDC) ont voulu disperser, vendredi 15 septembre au soir, une manifestation à Kamanyola.
Les FARDC ont voulu tirer « des balles en l’air mais ils ont été débordés par les jets de pierres », a déclaré à l’AFP Josué Boji, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur du Sud-Kivu. Selon lui, un groupe de réfugiés burundais exigeait la libération de quatre des leurs, arrêtés dans la nuit de mercredi à jeudi puis « expulsés vers leur pays d’origine ». Un militaire congolais a également été tué dans ces violences.
Une porte-parole de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), Florence Marchal, avait fait état d’un premier bilan provisoire, de 18 morts et 50 blessés. Depuis, les autres réfugiés burundais « sont toujours dans une base de la Monusco », a déclaré Florence Marchal.
Des circonstances à éclaircir
La plupart des réfugiés burundais ont décidé de passer la nuit devant cette base, car « les réfugiés qui sont restés chez les habitants ont été chassés comme des animaux par des congolais toute la nuit », a témoigné l’un des leurs, qui affirme craindre pour ses compatriotes encore hébergés dans des familles congolaises.
« Des éclaircissements sont nécessaires » sur les circonstances de cette « fusillade », a réagi le ministre burundais des Relations extérieures, Alain-Aimé Nyamitwe, sur son compte Twitter. Cet incident « nous rappelle que la gestion des camps de réfugiés doit se conformer pleinement aux conventions [de] Genève », a-t-il insisté.
L’ONU tire le signal d’alarme au Burundi
Fuir les persécutions religieuses. « J’ai vu des gens tomber, des hommes, des femmes et des enfants qui n’avaient aucune arme. Jusqu’ici nous avons déjà décompté 31 tués et au moins 105 blessés dont une quinzaine très grièvement », a témoigné auprès de l’AFP un autre réfugié burundais. D’après les témoignages recueillis par l’AFP, ces réfugiés affirment pour la plupart être victime de « persécution religieuse » du gouvernement burundais.
La majorité d’entre eux sont des adeptes de la prophétesse Zebiya, qui assure avoir des visions de la Vierge dans le nord du Burundi. Ils se sont réfugiés dans la cité congolaise de Kamanyola, frontalière du Burundi, en 2015 avec leur prophétesse après que la Police burundaise a tiré sur eux à Businde (nord du Burundi).
Crise politique et violences au Burundi
En 2013, près de 200 adeptes de ce groupe religieux avaient été condamnés par la justice burundaise à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison pour « désobéissance civile ».
Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences, depuis la candidature en avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année. Ces violences ont déjà fait de 500 à 2 000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture et ont poussé à l’exil plus de 400 000 Burundais.
De son côté, La RDC accueille 44 000 réfugiés burundais sur son territoire dont 2 005 à Kamanyola, selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR).

 

Angelo Mobateli

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