RDC : l’ONU dénonce des « souffrances humaines à très grande échelle » au Kasaï

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L’ONU a dénoncé vendredi 8 septembre 2017 des destructions massives et des « souffrances humaines à très grande échelle » dans la région du Kasaï, une région du centre de la République démocratique du Congo en proie à des troubles depuis plus d’un an.
Une équipe du Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) est rentrée la semaine dernière d’une première mission sur le territoire de Kamonia, à la frontière entre la RDC et l’Angola, qui a été au centre des troubles.
Selon une porte-parole du HCR, 9 villages sur 10 près de la ville frontalière de Kamako ont été entièrement brûlés lors d’attaques menées par des groupes armés, ou lors de combats entre ces groupes et les forces gouvernementales.
« Des groupes armés locaux ont systématiquement détruit ou pillé les centres de soins, des écoles ou d’autres bâtiments publics », a indiqué la porte-parole du HCR Cécile Pouilly. « Les enseignants et les soignants ont fui ou ont été tués », a-t-elle ajouté.
Des centaines d’enfants ont été séparés de leurs parents ou ont été témoins de leur meurtre, a ajouté le HCR.
« Les destructions et les souffrances humaines induites par le conflit dans la région du Kasai ont atteint une très grande échelle », toujours selon l’agence des Nations unies.
En août dernier, le Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU avait indiqué que quelque 251 personnes, dont 62 enfants, ont été victimes d’exécutions sauvages entre mars et juin dans le Kasaï.
La crise de la région du Kasaï a commencé il y a un an environ et s’étend à 9 des 26 provinces de la RDC, selon HCR.
A présent, une grande partie du territoire au cœur du conflit est sous le contrôle des forces du gouvernement, mais le retour à la paix reste fragile, note le HCR.
Le HCR a lancé un appel de fonds de 102,5 millions de dollars pour financer ses opérations dans la région. A ce jour, seuls 17% de cet appel ont été financés.
Les violences qui impliquent miliciens, soldats et policiers au Kasaï ont causé depuis un an la mort de plus de 3.000 personnes, d’après des chiffres rassemblés par l’Eglise catholique, et environ 1,4 million de gens ont fui leurs foyers dans cette région, selon l’ONU.
Ces violences ont éclatées en septembre 2016, un mois après la mort d’un chef traditionnel, Kamwina Nsapu, tué lors d’une opération militaire après s’être révolté contre le pouvoir de Kinshasa.

AFP/CR

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