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RDC-Présidence du CNSA : Kabila appelle à l’accélération des tractations pour une «personnalité consensuelle »

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila Kabange, a appelé mercredi 5 avril 2017 à Kinshasa la classe politique à « l’accélération des tractations en vue de la désignation d’une personnalité consensuelle devant présider » le Conseil national de suivi de l’Accord politique « global et inclusif » (CNSA).

Cet Accord a été signé le 31 décembre 2016 au centre interdiocésain entre la Majorité présidentielle (MP), l’opposition politique signataire de l’Accord du 18 octobre 2016, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassemblement) et la société civile sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

« Au cours de ces dernières 48 heures, j’ai été à l’écoute de la classe politique et sociale qui a répondu à mon invitation. J’ai noté une convergence des vues, notamment sur l’urgence qu’impose le règlement de deux points relatifs à la mise en œuvre de l’Accord, spécialement en ce qui concerne la question de la désignation d’un nouveau Premier Ministre (…).

Quant à la présidence du Conseil National de Suivi de l’Accord, Je demande aux deux Chambres du Parlement d’adopter rapidement la Loi organique y relative, en même temps que J’en appelle à l’accélération des tractations au sein de la classe politique en vue de la désignation, dans la foulée de l’entrée en fonction du nouveau Gouvernement, d’une personnalité consensuelle devant présider cette structure », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès au Palais du peuple.

La CENCO ayant réussi la « mission de bons offices » auprès du « Rassemblement » de l’Opposition qu’il lui a confiée, le président Joseph Kabila a rendu « hommage aux Evêques de l’Eglise catholique pour l’excellent travail abattu, ayant donné lieu à l’Accord du 31 décembre dernier, et à certains points de convergence sur les modalités de mise en œuvre dudit Accord ».

« Hélas, en dépit de leurs efforts louables ayant permis l’atteinte de plus de 90% des résultats escomptés, les parties prenantes n’ont pu dégager de consensus sur deux points concernant respectivement la désignation du Premier ministre et celle du Président du Conseil National de Suivi de l’Accord, tel que renseigné dans le rapport final de médiation Me transmis en date du 28 mars dernier », a-t-il déploré.

Aux termes de l’Accord de la Saint-Sylvestre, le CNSA est composé de 28 membres est dirigé par le président du Conseil des sages du « Rassemblement » assisté de trois (3) vice-présidents, d’un rapporteur et d’un questeur.

Mais, après la mort inopinée, le 1er février 5017 à Bruxelles (Belgique), de M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, leader de l’Union pour la démocratie et le progrès socia (UDPS) et président du Conseil des sages du « Rassemblement », les discussions autour de l’Arrangement particulier destiné à la mise en œuvre de cet Accord ont achoppé sur son successeur.

Pour la MP, « ce poste a été octroyé par consensus à M. Etienne Tshisekedi pour l’ensemble de son combat politique ; la désignation de son successeur doit faire l’objet d’un nouveau consensus ».

« Pas question », rétorque le +Rassemblement+. L’Accord doit être mis en œuvre intégralement ».

Quelle « personnalité consensuelle » ?

A l’appel du chef de l’Etat, la classe politique congolaise doit répondre en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation dans ses tractations.

En effet, la République Démocratique du Congo n’ayant « pas vocation à sombrer, mais plutôt à émerger », Joseph Kabila est « convaincu que grâce à l’engagement de tous, Opposition, Société civile et Majorité sauront surmonter les défis ».

« L’accélération des tractations en vue de la désignation d’une personnalité consensuelle devant présider » le CNSA, recommandée par le chef de l’Etat, appelle en fait les parties au dialogue du Centre diocésain remet sur la table « l’esprit » et non la lettre de la clause de l’Accord désignant, de son vivant, Etienne Tshisekedi à ce poste.

« A l’unanimité, Etienne Tshisekedi a été accepté par les parties au dialogue », témoignent des participants, en précisant que, « après le décès du président de l’UDPS et du Comité des sages du Rassemblement, l’+esprit+ convenu tombe ; il faut renégocier sur la personnalité de son successeur »,

Ainsi s’expliquerait la ruée à la présidence du CNSA. Dans la course, il y a l’Autorité morale du MSR et président du Comité des sages du « Rassemblement », Pierre Lumbi, la secrétaire générale du MLC et coordonnatrice du Front pour le respect de la Constitution, Eve Bazayiba, le leader des FONUS  et de l’aile dissidente du « Rassemblement », Joseph Olenga  Nkoyi, le président de l’UNC(en fonction depuis décembre 2010) et chef de la délégation de l’opposition politique signataire de l’Accord du 18 octobre 2016, Vital Kamerhe.

Certains ont pensé à confier la présidence du CNSA à la CENCO pour des raisons d’« impartialité », arguant que le « Rassemblement » ne devant « pas être juge et partie en occupant la Primature et la direction de la structure de contrôle de l’exécution de l’Accord ».

Vital Kamerhe, « la caravane de la paix »

De plus en plus des voix plaident en faveur de Vital Kamerhe, classé 3ème (7,74 voix) derrière Etienne Tshisekedi et Joseph Kabila à la présidentielle de 2011, ancien président de l’Assemblée nationale (28 décembre 2006 – 25 mars 2009).

Agé de 58 ans (né le 4 mars 1959 à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu), Vital Kamerhe est licencié en en Sciences économiques (1987) de l’Université de Kinshasa (Unikin) où il s’était inscrit en 1980. De 1987 à 1995, il y était  assistant chargé des cours à la même faculté sous la supervision du professeur Nyembo.

Après 10 ans comme assistant, il fait ses premiers pas en politique à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) en 1984. De 1990 à 1995, il assure la fonction de président de la Jeunesse de l’Union sacrée de l’opposition radicale et alliés (JUSORAL).

Ses études primaires à Bukavu puis à Goma (Kivu) et à Ngandajika (Kasaï Oriental) et secondaires à l’Institut Sadisana (ancien collège Saint-François-Xavier) à Kikwit (Bandundu) de 1973 à1975, à Kananga (Kasaï Occidental) et à Mbuji-Mayi font de Vital Kamerhe un polyglotte maîtrisant les quatre langues nationales de la RDC (kikongo, lingala, swahili et tshiluba) en plus du français et d’autres langues étrangères.

Cet ancien secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, créé en 2002), qui a conduit en 2002 « la caravane de la paix » dans les zones sous administration des belligérants et a été directeur de campagne du président Joseph Kabila (élections de 2006), est tombé en disgrâce en 2009.

Sa « faute politique » avait été celle de s’être opposé, en sa qualité de président de l’Assemblée nationale, à l’entrée (autorisée par le président Joseph Kabila) des troupes armées de l’Ouganda et du Rwanda dans l’Est de la RDC sans l’avel du parlement congolais.

Sa biographie renseigne qu’il a occupé divers postes dans plusieurs cabinets ministériels, dont ceux de Léon Kengo, Mushobekwa Kalimba wa Katana et du général Denis Kalume Numbi.

« En 1993 il est directeur du cabinet du ministère de l’Environnement, Tourisme et Conservation de la Nature (Le Zaïre a eu deux gouvernements en 1993 : celui de Faustin Birindwa, par l’ordonnance présidentielle du 2 avril 1993, et le gouvernement Tshisekedi remanié par le décret ministériel du 9 avril 1993). En 1994, il devient coordonnateur du Cabinet du Premier ministre Kengo Wa Dondo, dans le septième gouvernement de la transition de Mobutu (ordonnance du 6 juillet 1994). Enfin de 1994 à 1995 il est directeur de cabinet au ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire Mushobekwa Kalimba wa Katana au gouvernement remanié de Kengo wa Dondo », précise-t-elle.

Sous le régime Kabila, il est nommé commissaire général adjoint du gouvernement (AFDL) chargé des relations avec la MONUC. Plus tard, il devint titulaire en tant que commissaire général du gouvernement chargé du suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs. Il a occupé ce poste jusqu’à sa nomination comme ministre de la Presse et de l’Information dans le gouvernement de transition.

En 1997, le général Denis Kalume Numbi, qui a reçu du président Laurent-Désiré Kabila de mettre en place le « Service national » rassemblant  des militaires et des civils pour « la production agricole, la formation des jeunes aux métiers et une formation militaire de base), nomme Vital Kamerhe Directeur administratif et financier dans son cabinet.

Des sources concordantes rapportent que c’est au déclenchement de la deuxième guerre du Congo en août 1998 que Vital Kamerhe a fait connaissance de Joseph Kabila, lors de la défense de l’aéroport de Kinshasa contre le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, créé le 2 août et soutenu par le Rwanda et l’Ouganda ) débarqué sur la côte de l’océan Atlantique (Bas-Congo) qui tentait d’en prendre le contrôle.

Peu après, au cours de la conférence de Victoria Falls au Zimbabwe, Laurent-Désiré Kabila remarque Vital Kamerhe. Il fait partie de la délégation du gouvernement lors des négociations pour l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka en juillet 1999 alors qu’il est directeur de cabinet adjoint au ministère de la Reconstruction.

« De retour au pays, au moment de la conclusion de l’accord de siège entre la RDC et l’Onu pour la mise sur pied de la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc ) au début de l’année 2000, Vital Kamerhe devient le commissaire général adjoint au Commissariat général du gouvernement chargé des affaires de la Monuc pour les questions politiques, logistiques et Finances (2000-2002). Il est l’adjoint du professeur Ntwaremba Onfre (Bandundu), aux côtés de Vangu Mambweni ma Busana (Bas-Congo). Une lutte de leadership au sein de l’équipe dessert l’organisation et annihile l’action de cette structure qui avait pour mission de gérer les relations entre le gouvernement et la Monuc », ajoutent-elles,

Devenu président de la RDC après l’assassinat de son père en janvier 2001, Joseph Kabila, qui amorce des démarches pour lancer des négociations avec les « adversaires du Congo » dans le « Dialogue intercongolais », nomme Vital Kamerhe aux fonctions de commissaire général du Gouvernement chargé du Suivi du Processus de Paix dans la Région des Grands-Lacs.

Au terme du Dialogue intercongolais, Vital Kamerhe est nommé ministre de la Presse et de l’Information de la Transition de 2003 à 2004.

Angelo Mobateli

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